Balblair 38 ans 44%

Après un Speyside et un Islay, ce soir ça sera une dégustation d’un whisky des Highlands : Balblair. Et pas n’importe lequel puisque celui-ci est un 38 ans d’âge vieilli dans des fûts de sherry de second remplissage. Il a été distillé en 1966 et mis en bouteille en 2004. Ce whisky fut dégusté le 14 novembre 2005, en même temps que le Glenrothes 25 ans d’âge décrit ci-dessous. Un autre grand moment de dégustation ! Bouteille numéro 2827.

Couleur : ambré, orangé.

Nez : On respire l’air frais ! Les notes de sherry sont assez présentes. Se développent des notes fruitées (orange, raisins secs). Un aspect pâtissier prend place avec des notes de pâte d’amandes. Très riche et plaisant. L’ajout d’un trait d’eau apporte beaucoup de fraîcheur avec notamment des notes légèrement herbacées (bruyère, parfums de fleurs). Le miel se développe, ainsi que des notes plus boisées. Les agrumes, toujours (orange, écorce d’orange).

Bouche : En parlant de l’orange, la voila qui prend place en bouche de manière précise, avec les raisins secs et les notes des fûts de sherry. Des épices douces se développent, avec du miel qui apporte une grande douceur. Avec de l’eau, le whisky devient plus crémeux et le miel prend alors la première place.

Finale : Tout en douceur sur le miel et les épices douces, crémeux, et long en bouche.

Remarques : Un Balblair riche et d’une grande maturité. Bien différent des jeunes Balblairs iodés que l’on connait actuellement.

Laphroaig 16 ans 52,5% (Douglas Laing pour « The Whisky Shop »)

Avec un peu de retard (mais je pense que cela aura valu la peine d’attendre), voici un des grands moments de dégustations de l’année 2005, puisque nous retournons précisément au 31 juillet 2005 pour une dégustation d’un Laphroaig sélectionné par la maison où j’ai tout appris : The Whisky Shop (une boutique de whisky incontournable si jamais vous êtes en Ecosse). Ce whisky a été distillé en avril 1988 et mis en bouteille en novembre 2004, pour donner 614 bouteilles. C’est en quelque sorte la première fois que le mot « sélection » prenait tout son sens…

Couleur : Brillant, or profond.

Nez : Fumé, très fumé ! Boisé, notamment sur le pin, parquet ciré. Le côté marin se développe avec puissance, en particulier avec les algues et l’iode. Très intense. L’ajout d’un trait d’eau rend le fumé encore plus présent, avec des notes de charbon de bois et de suie.

Bouche : Deux extrêmes prennent place. D’un côté nous avons des épices douces / sucrées. De l’autre côté nous avons l’amertume du charbon de bois. Et chacun tente de dominer avec une puissance incontrôlable. L’attaque en bouche est un raz-de-marée. Le fruité est malgré tout présent avec en particulier des notes citronnées.

Finale : Très longue et puissante, sur l’iode, la tourbe et le fumée.

Remarques : Un des whiskies les plus puissants et impressionnants que j’ai goûté, en tout cas à cette époque. Et quand on est un débutant de 25 ans, cela marque ! « The Whisky Shop » avait également sélectionné un Laphroaig de 17 ans juste avant cet embouteillage, qui est encore plus exceptionnel. En quelques jours l’ensemble des bouteilles étaient vendues. Cela fait partie des embouteillages légendaires. Personne ne l’a goûté, ni même n’en a entendu parler. La dégustation de ce whisky sera pour plus tard…

Laphroaig 16 ans The Whisky Shop

Laphroaig 16 ans The Whisky Shop

Glenrothes 25 ans 51,9% (Old and Rare Platinum, Douglas Laing)

Puisque mon nez fait des siennes depuis quelques jours, pourquoi ne pas publier des notes de dégustations que j’ai prises il y a…. déjà plusieurs années ? Aujourd’hui, je vous propose de retourner au 14 novembre 2005 pour déguster un des plus grands (le plus grand, d’après mes scores personnels) Glenrothes. Ce « single sherry cask » a été distillé en 1979 et mis en bouteille en 2005, et n’a donné que 235 bouteilles.

Couleur : Rouge ambré, mahogany.

Nez : L’influence du fût de sherry est évidente, et apporte des notes intenses d’agrumes (orange juteuse en particulier, écorce d’orange, mais aussi pamplemousse rose). Exotique. Le boisé, aussi riche soit-il, fait preuve de maturité mais sans jamais prendre le dessus. Des notes de cuir se développent par la suite, ainsi que des parfums de café noir de type Moka associés au réglisse. Les notes de fruits secs sont entremêlées aux parfums de caramel brûlé.

Bouche : D’intenses notes de sherry se développent, le sherry oloroso précisément (riche et sec). Les fruits secs sont également présents avec des notes de raisins secs apportant une texture presque vineuse. La richesse des agrumes (juteux) apportent beaucoup de fraîcheur.

Finale : Très longue, la richesse du fruité se développe sur les épices (muscade, cannelle).

Remarques : Un très grand whisky d’une intensité aromatique hors normes et d’une harmonie parfaite pour un 25 ans d’âge. Ce que l’on appelle un « Sherry Monster » ! Et comme tout le monde (n’est-ce pas ?!!), j’ai collectionné quelques étiquettes (pas plus d’une dizaine…), dont celle-ci fait partie, fort heureusement !

Glenrothes 25 ans Platinum

Glenrothes 25 ans Platinum

Tobermory 10 ans 46,3%

Tobermory est le whisky non-tourbé de l’Ile de Mull, par opposition au plus connu Ledaig qui lui est tourbé. Les deux whiskies sont en effet produits au sein de la même distillerie. Tobermory a récemment attiré l’attention des amateurs sur le fait que ce whisky est désormais mis en bouteille à 46,3% sans filtration au lieu de 40%. Un pas longtemps attendu !

Couleur : Or.

Tobermory 10 ans

Tobermory 10 ans

Nez : Herbacé, un léger fruité sur les agrumes (citron en particulier, et écorce de citron), citronnelle, une pointe fumée au nez, voir cendrée (charbon de bois), et poivré. Beaucoup de fraîcheur au nez, sur l’herbe mouillée, avec un parfum irrésistiblement marin et côtier.

Bouche : Très douce, sur le citron toujours et son zeste, avec la douceur de la pâte d’amandes. Maltée.

Finale : Poivrée, sèche, avec une pointe fumée. Longue et épicée, sur le bois. Retour final sur l’herbe mouillée.

Remarques : Une bonne introduction aux whiskies des îles écossaises. Un whisky léger pour l’apéritif.

HSE Blanc Cuvée de l’an 2007 50%

Distillé en 2007 puis brassé, oxygéné et réduit à 50% vol. pendant 3 ans, cette cuvée de rhum blanc exceptionnel a pu conserver toute sa palette aromatique comme à la sortie de l’alambic.

Couleur : Incolore.

Nez : Le nez est très expressif et fruité en particulier sur les agrumes (citron, citron vert), la banane mûre et même la mangue. Les notes de jus de canne sont évidemment bien présentes et apportent une texture grasse et gourmande, sur le sucre encore chaud.

HSE Blanc Cuvée de l'an 2007

HSE Blanc Cuvée de l'an 2007

Bouche : D’une grande douceur en bouche pour 50%, preuve d’un rhum de haute qualité. Les agrumes sont toujours présents dans une texture plutôt grasse et veloutée. Puis les notes épicées se développent (poivre blanc, clou de girofle).

Finale : Longue, mélange d’un certain gras tout en étant sec et épicé (épices douces). Retour final sur un aspect plus herbacé sur le jus de canne spécifiquement et la menthe.

Remarques : Un rhum blanc très riche qui mérite une dégustation pure dans un verre à dégustation.

Ardbeg Alligator 51,2%

Alligator est le nom donné au niveau maximum de carbonisation intérieure des fûts de chêne (niveau 4 : « charred alligator ») qui prend l’apparence d’une peau d’alligator. Cet Ardbeg est donc vieilli dans des fûts de chêne américain neufs « charred alligator » et dans des fûts de bourbon.

Couleur : Or.

Nez : Tourbé de manière originale, ou plutôt de manière primaire dans le sens d’une

Ardbeg Alligator

Ardbeg Alligator

tourbe « enracinée ». Se développe sur un profil herbacé et médicinal (plantes médicinales, eucalyptus, réglisse). La tourbe ressemble de plus en plus à celle que l’on retrouve dans le profil de certains cigares. L’amertume du cacao et du café noir prend place.

L’ajout d’un trait d’eau apporte un aspect carné et fumé (bacon grillé) tout en restant d’une grande fraîcheur maritime.

Bouche : Douce (« tout est relatif »)… tourbée et fumée, sur le charbon de bois, la suie, puis devient plus sèche et épicée (poivre noir) avec ce style résineux typique d’Ardbeg.

Finale : Tourbée et cendrée et iodée et boisée…

Remarques : Une série très limitée à ne pas manquer si vous êtes un « Ardbeg fan ».

JM XO 45%

Cette version XO du célèbre rhum de la Martinique JM est âgée de 6 ans. Ce rhum est intégralement vieilli en fûts de Bourbon.

Couleur : Ambrée.

Nez : Le premier nez fait preuve d’une grande complexité où les épices douces dominent (cannelle, gingembre et muscade). Très riche, des notes plus torréfiées se développent avec un fruité riche (fruits secs et fruits mûrs, notamment la banane et le pruneau). Le boisé fondu donne une impression de gras, de toast beurré toujours chaud. De riches notes vanillées fond de ce rhum une gourmandise au nez.

JM XO

JM XO

Bouche : Assez grasse pour beaucoup de mâche, sur les fruits secs, les fruits mûrs et les épices douces. Très riche et dans le registre plutôt sec à l’aération. Beaucoup de boisé exotique.

Finale : La finale est très poivrée (poivre noir, poivre blanc) qui est la caractéristique des rhums agricoles d’une jeunesse éternelle. Beaucoup de fougue !

Remarques : Un grand rhum agricole de dégustation vieilli dans des fûts de Bourbon de haute qualité. En effet le boisé très fondu élimine une certaine amertume de la canne à sucre que l’on peut retrouver chez certains rhums agricoles jeunes.

Retrouvez le JM XO sur notre site : Whisky & Rhum

Dalmore 2001 48%

Dalmore 2001

Dalmore 2001

Elevé intégralement en fûts de Bourbon et de Madère, puis affiné pendant 2 mois dans des fûts de Sherry Oloroso Mathusalem, cet embouteillage de la distillerie Dalmore est leur toute dernière nouveauté.

Couleur : Ambrée à reflets dorés.

Nez : Le nez est fruité sur les agrumes (orange en particulier). Un soupçon de caramel fait son entrée pour le côté gourmand. Les fruits secs (raisins secs), la noix, les fruits confits, la liqueur de prune (pruneau) développent une richesse aromatique en provenance des fûts. Puis une pointe herbacée et fraîche se développe à l’aération (presque mentholée) ; très floral, surtout pour un Dalmore !

Bouche : L’attaque est suave et chaleureuse, puis épicée (gingembre, cannelle), et fruitée (fruits secs, orange et écorce d’orange). Se développe sur la noix, le caramel et le miel. L’amertume du chocolat noir est finalement présente.

Finale : Épicée, longue et chaleureuse, sur les agrumes et le bois.

Un embouteillage réussi puisque fidèle au style de Dalmore, avec en plus une dimension florale appréciable.

Doorly’s XO 40%

Ce rhum ou plutôt « rum » de la Barbade est un assemblage d’eaux de vie entre 6 et 12 ans d’âge. Vieilli en fûts de chêne américain, il est ensuite affiné dans des fûts de chêne espagnole de type Oloroso. Une fois encore, le monde du whisky et celui du rhum se confondent, pour le plus grand plaisir des amateurs.

Doorly's XO

Doorly's XO

Couleur : Ambrée, orangée.

Nez : Très fruité sur l’orange et l’écorce d’orange, avec une texture même juteuse. Il reste cependant d’une grande fraîcheur, légèrement acidulé et boisé avec une pointe poivrée. Le caramel (sucre brun caramélisé), les fruits mûrs et confits, et le miel se développent et apportent plénitude et richesse des saveurs.

Bouche : Veloutée et douce, sur l’amertume de l’écorce d’orange. Toujours beaucoup de fraîcheur. L’influence du sherry se fait ressentir avec ces notes typiques de raisins et de noix.

Finale : Sur les épices douces, les tanins du fût de chêne, le caramel et l’orange juteuse.

Remarques : Doorly’s XO est une très belle introduction aux rhums de tradition britannique, d’une grande douceur et très aromatique.

Bruichladdich « The Laddie Ten » 46%

Ce soir nous dégusterons un whisky longuement attendu par les fans de la distillerie d’Islay Bruichladdich. Jim McEwan (Maître distillateur) nous a souvent surpris par des embouteillages hors-normes comme Octomore, Port Charlotte ou encore des Bruichladdich vieillis dans des fûts de vin, de rhum etc. Mais qu’en est-il du « Laddie Ten »?

Couleur : Or brillant.

Nez : L’influence de fûts de bourbon de haute qualité apporte des notes vanillées et légèrement boisées. Le fruité prend place avec du citron et des fruits exotiques en général. L’orge maltée nous ramène dans la salle de maltage tant son parfum est présent. Le caractère marin et iodé ne se fait pas attendre et apporte même des notes de cuir. Une fraîcheur herbacée se développe par la suite.

Bouche : L’attaque porte sur les fruits et les agrumes (citron). Puis le caractère marin tapisse le palais avec une sensation quasi-pétillante, sur le salé et le poivré. La vanille du nez réapparaît avec un soupçon de caramel.

Finale : Sèche et satisfaisante. Évolue des notes citronnées vers des notes plus cendrées et marines, pour finalement se poser sur des arômes de café au lait et de noix.

Remarques : Un whisky incontournable puisqu’il s’agit du tout premier 10 ans d’âge de la distillerie depuis sa réouverture en l’an 2001. Un Bruichladdich au naturel, sans tourbe ni affinage particulier, enfin !

Bruichladdich "The Laddie Ten"
Bruichladdich « The Laddie Ten »