Laphroaig 16 ans 52,5% (Douglas Laing pour « The Whisky Shop »)

Avec un peu de retard (mais je pense que cela aura valu la peine d’attendre), voici un des grands moments de dégustations de l’année 2005, puisque nous retournons précisément au 31 juillet 2005 pour une dégustation d’un Laphroaig sélectionné par la maison où j’ai tout appris : The Whisky Shop (une boutique de whisky incontournable si jamais vous êtes en Ecosse). Ce whisky a été distillé en avril 1988 et mis en bouteille en novembre 2004, pour donner 614 bouteilles. C’est en quelque sorte la première fois que le mot « sélection » prenait tout son sens…

Couleur : Brillant, or profond.

Nez : Fumé, très fumé ! Boisé, notamment sur le pin, parquet ciré. Le côté marin se développe avec puissance, en particulier avec les algues et l’iode. Très intense. L’ajout d’un trait d’eau rend le fumé encore plus présent, avec des notes de charbon de bois et de suie.

Bouche : Deux extrêmes prennent place. D’un côté nous avons des épices douces / sucrées. De l’autre côté nous avons l’amertume du charbon de bois. Et chacun tente de dominer avec une puissance incontrôlable. L’attaque en bouche est un raz-de-marée. Le fruité est malgré tout présent avec en particulier des notes citronnées.

Finale : Très longue et puissante, sur l’iode, la tourbe et le fumée.

Remarques : Un des whiskies les plus puissants et impressionnants que j’ai goûté, en tout cas à cette époque. Et quand on est un débutant de 25 ans, cela marque ! « The Whisky Shop » avait également sélectionné un Laphroaig de 17 ans juste avant cet embouteillage, qui est encore plus exceptionnel. En quelques jours l’ensemble des bouteilles étaient vendues. Cela fait partie des embouteillages légendaires. Personne ne l’a goûté, ni même n’en a entendu parler. La dégustation de ce whisky sera pour plus tard…

Laphroaig 16 ans The Whisky Shop

Laphroaig 16 ans The Whisky Shop

Glenrothes 25 ans 51,9% (Old and Rare Platinum, Douglas Laing)

Puisque mon nez fait des siennes depuis quelques jours, pourquoi ne pas publier des notes de dégustations que j’ai prises il y a…. déjà plusieurs années ? Aujourd’hui, je vous propose de retourner au 14 novembre 2005 pour déguster un des plus grands (le plus grand, d’après mes scores personnels) Glenrothes. Ce « single sherry cask » a été distillé en 1979 et mis en bouteille en 2005, et n’a donné que 235 bouteilles.

Couleur : Rouge ambré, mahogany.

Nez : L’influence du fût de sherry est évidente, et apporte des notes intenses d’agrumes (orange juteuse en particulier, écorce d’orange, mais aussi pamplemousse rose). Exotique. Le boisé, aussi riche soit-il, fait preuve de maturité mais sans jamais prendre le dessus. Des notes de cuir se développent par la suite, ainsi que des parfums de café noir de type Moka associés au réglisse. Les notes de fruits secs sont entremêlées aux parfums de caramel brûlé.

Bouche : D’intenses notes de sherry se développent, le sherry oloroso précisément (riche et sec). Les fruits secs sont également présents avec des notes de raisins secs apportant une texture presque vineuse. La richesse des agrumes (juteux) apportent beaucoup de fraîcheur.

Finale : Très longue, la richesse du fruité se développe sur les épices (muscade, cannelle).

Remarques : Un très grand whisky d’une intensité aromatique hors normes et d’une harmonie parfaite pour un 25 ans d’âge. Ce que l’on appelle un « Sherry Monster » ! Et comme tout le monde (n’est-ce pas ?!!), j’ai collectionné quelques étiquettes (pas plus d’une dizaine…), dont celle-ci fait partie, fort heureusement !

Glenrothes 25 ans Platinum

Glenrothes 25 ans Platinum

HSE Blanc Cuvée de l’an 2007 50%

Distillé en 2007 puis brassé, oxygéné et réduit à 50% vol. pendant 3 ans, cette cuvée de rhum blanc exceptionnel a pu conserver toute sa palette aromatique comme à la sortie de l’alambic.

Couleur : Incolore.

Nez : Le nez est très expressif et fruité en particulier sur les agrumes (citron, citron vert), la banane mûre et même la mangue. Les notes de jus de canne sont évidemment bien présentes et apportent une texture grasse et gourmande, sur le sucre encore chaud.

HSE Blanc Cuvée de l'an 2007

HSE Blanc Cuvée de l'an 2007

Bouche : D’une grande douceur en bouche pour 50%, preuve d’un rhum de haute qualité. Les agrumes sont toujours présents dans une texture plutôt grasse et veloutée. Puis les notes épicées se développent (poivre blanc, clou de girofle).

Finale : Longue, mélange d’un certain gras tout en étant sec et épicé (épices douces). Retour final sur un aspect plus herbacé sur le jus de canne spécifiquement et la menthe.

Remarques : Un rhum blanc très riche qui mérite une dégustation pure dans un verre à dégustation.

Dalmore 2001 48%

Dalmore 2001

Dalmore 2001

Elevé intégralement en fûts de Bourbon et de Madère, puis affiné pendant 2 mois dans des fûts de Sherry Oloroso Mathusalem, cet embouteillage de la distillerie Dalmore est leur toute dernière nouveauté.

Couleur : Ambrée à reflets dorés.

Nez : Le nez est fruité sur les agrumes (orange en particulier). Un soupçon de caramel fait son entrée pour le côté gourmand. Les fruits secs (raisins secs), la noix, les fruits confits, la liqueur de prune (pruneau) développent une richesse aromatique en provenance des fûts. Puis une pointe herbacée et fraîche se développe à l’aération (presque mentholée) ; très floral, surtout pour un Dalmore !

Bouche : L’attaque est suave et chaleureuse, puis épicée (gingembre, cannelle), et fruitée (fruits secs, orange et écorce d’orange). Se développe sur la noix, le caramel et le miel. L’amertume du chocolat noir est finalement présente.

Finale : Épicée, longue et chaleureuse, sur les agrumes et le bois.

Un embouteillage réussi puisque fidèle au style de Dalmore, avec en plus une dimension florale appréciable.

Doorly’s XO 40%

Ce rhum ou plutôt « rum » de la Barbade est un assemblage d’eaux de vie entre 6 et 12 ans d’âge. Vieilli en fûts de chêne américain, il est ensuite affiné dans des fûts de chêne espagnole de type Oloroso. Une fois encore, le monde du whisky et celui du rhum se confondent, pour le plus grand plaisir des amateurs.

Doorly's XO

Doorly's XO

Couleur : Ambrée, orangée.

Nez : Très fruité sur l’orange et l’écorce d’orange, avec une texture même juteuse. Il reste cependant d’une grande fraîcheur, légèrement acidulé et boisé avec une pointe poivrée. Le caramel (sucre brun caramélisé), les fruits mûrs et confits, et le miel se développent et apportent plénitude et richesse des saveurs.

Bouche : Veloutée et douce, sur l’amertume de l’écorce d’orange. Toujours beaucoup de fraîcheur. L’influence du sherry se fait ressentir avec ces notes typiques de raisins et de noix.

Finale : Sur les épices douces, les tanins du fût de chêne, le caramel et l’orange juteuse.

Remarques : Doorly’s XO est une très belle introduction aux rhums de tradition britannique, d’une grande douceur et très aromatique.

Bruichladdich « The Laddie Ten » 46%

Ce soir nous dégusterons un whisky longuement attendu par les fans de la distillerie d’Islay Bruichladdich. Jim McEwan (Maître distillateur) nous a souvent surpris par des embouteillages hors-normes comme Octomore, Port Charlotte ou encore des Bruichladdich vieillis dans des fûts de vin, de rhum etc. Mais qu’en est-il du « Laddie Ten »?

Couleur : Or brillant.

Nez : L’influence de fûts de bourbon de haute qualité apporte des notes vanillées et légèrement boisées. Le fruité prend place avec du citron et des fruits exotiques en général. L’orge maltée nous ramène dans la salle de maltage tant son parfum est présent. Le caractère marin et iodé ne se fait pas attendre et apporte même des notes de cuir. Une fraîcheur herbacée se développe par la suite.

Bouche : L’attaque porte sur les fruits et les agrumes (citron). Puis le caractère marin tapisse le palais avec une sensation quasi-pétillante, sur le salé et le poivré. La vanille du nez réapparaît avec un soupçon de caramel.

Finale : Sèche et satisfaisante. Évolue des notes citronnées vers des notes plus cendrées et marines, pour finalement se poser sur des arômes de café au lait et de noix.

Remarques : Un whisky incontournable puisqu’il s’agit du tout premier 10 ans d’âge de la distillerie depuis sa réouverture en l’an 2001. Un Bruichladdich au naturel, sans tourbe ni affinage particulier, enfin !

Bruichladdich "The Laddie Ten"
Bruichladdich « The Laddie Ten »

MG 2003 49%

MG 2003 49%

MG 2003 49%

Suite à nos trois « Esprits », redescendons sur terre, sur la terre de Marie-Galante en particulier, pour un rhum d’une nature véritablement… naturelle ! Une sélection Luca Gargano.

Couleur : Or.

Nez : Le nez est d’une grande fraîcheur, sur des tons herbacés, mentholés, d’anis étoilé et de réglisse. Le fruité se développe sur les agrumes (orange, citron et citron vert). Un soupçon fumé sur le bois prend place. Le jus de canne à sucre est d’une intensité déconcertante et nous apporte des notes de gousse de vanille. Un nez intense et très original.

Bouche : Très riche et encore très originale. Le fruité sur les agrumes (orange et écorce d’orange) est bien présent avec toujours cet aspect mentholé sur l’anis, l’eucalyptus, qui apporte une teinte presque médicinale (Ricqlès). Toujours vanillé sur le fût de bourbon. Également des notes de banane encore verte.

Finale : Longue, fruitée, herbacée, plutôt sèche et retour sur la canne à sucre fraîchement coupée.

Remarques : Ce rhum agricole de Marie-Galante est un modèle du genre pour qui souhaite retrouver l’essence même de la canne à sucre au plus proche et au plus originel. Fabriqué dans une des distilleries les plus réputées : Bielle.

L’Esprit Ardmore 56,2%

L'Esprit Ardmore 56,2%

L'Esprit Ardmore 56,2%

Deuxième soir, deuxième whisky. Cet Ardmore a été récompensé d’une médaille de bronze aux Malt Maniacs Awards ; Pas mal pour un 7 ans d’âge !

Couleur : Or brillant.

Nez : Bien tourbé au premier nez, très fumé, se développant sur un aspect terreux, végétal. Les épices apparaissent avec notamment du poivre. Un léger voile fruité sur le citron, et l’écorce de citron introduit de fraîches notes herbacées, qui se développent sur le vert, le végétal. Très campagnard !

Bouche : Attaque franche sur la tourbe, beaucoup de caractère. L’alcool est écrasé par la tourbe et les épices qui sont toujours bien poivrées. Les notes herbacées sont toujours présentes et ajoutent complexité et originalité au malt.

Finale : Plutôt sèche, très longue sur le poivre et le piment, sans lourdeur.

Remarques : Idéalement dégusté avec un trait d’eau, mais très appréciable aussi sans. Dans la lignée des Speyside tourbés comme Benriach Curiositas, certains Caperdonich et certains Benromach. Plait également aux amateurs d’Islay.

Retrouvez l’Esprit Ardmore 56,2% sur notre site : Whisky & Rhum

L’Esprit Macduff 61,1%


L'Esprit Macduff 61,1%

L'Esprit Macduff 61,1%

Le premier whisky à l’honneur est notre Macduff, récompensé d’une médaille d’argent aux Malt Maniacs Awards 2011 il y a quelques jours.

Couleur : Très ambrée, d’un rouge brillant.

Nez : Très riche et très sherry, autrement dit très fruité sur les fruits confits et les fruits secs. Le côté boisé apparaît et nous présente un voile fumé entremêlé de noix. Un véritable dessert entre la noix et le caramel avec un corps fruité. Très complexe et intense. A savourer longuement.

Bouche : Tellement fruitée, intense et complexe que les 61,1% affichés nous surprennent tant le whisky enveloppe le palais avec douceur et raffinement. Une sensation en bouche exceptionnelle, riche, fruitée, légèrement boisée et fumée ; fait preuve d’une grande complexité aromatique et longueur en bouche. Un whisky pour la méditation !

Finale : Sans fin, retour sur le sherry.

Remarques : Se déguste idéalement avec un trait d’eau afin de libérer les arômes. Un grand whisky de digestif à déguster tard le soir, tranquillement, avec un cigare pour les amateurs. Dans la lignée de l’Aberlour Abunad’h et du Glenfarclas 105.

Retrouvez l’Esprit Macduff 61,1% sur notre site : Whisky & Rhum

Dram d’un soir…

Un « dram », c’est l’unité de mesure d’un verre de whisky en Ecosse. Demandez à ce qu’on vous serve un « dram » plutôt qu’un whisky, et vous passerez (presque) pour un écossais, si tant est que votre accent ne vous aie déjà trahi.

Dram d’un soir, dram tous les soirs ! Chaque soir, un whisky ou un rhum sera présenté avec mes propres notes de dégustations. Même si l’idéal est de tendre vers une certaine objectivité, mes notes de dégustations seront par nature subjectives. J’espère néanmoins qu’elles pourront vous servir de guide et d’élément de comparaison avec vos propres commentaires et ceux des amateurs reconnus.

Je n’aurai pas pour prétention de juger les whiskies et les rhums en y mettant une note sur 10 ou sur 20 ou autre. Mon unique but ici sera de décrire les whiskies et les rhums. Tout naturellement, la qualité d’un whisky ou d’un rhum s’en ressentira dans la description même. Il y a peu de chance que je passe 2 heures sur un mauvais spiritueux et que j’y écrive des pages entières !

Si tous les soirs les notes de dégustations d’un whisky ou d’un rhum seront publiées, il va de soi que moi-même, je ne dégusterai pas tous les jours ! Qui plus est, il n’y a rien de plus difficile que de prendre des notes de dégustations d’un seul whisky sans avoir d’autres whiskies pour comparer et mettre en relation. J’essayerai dans la mesure du possible de faire ces dégustations à l’aveugle, pour être au plus vrai, et de déguster le même alcool sur plusieurs jours, afin d’éliminer tout facteur pouvant empêcher de bien déguster, comme la fatigue (déguster, c’est avant tout avoir un cerveau réactif), le manque d’inspiration (l’esprit libre pour voyager), le nez en mauvais état (un rhume – pas un rhum, un rhumE, ou les allergies).

Voilà, j’en ai assez dit, il ne me reste plus que 35 minutes pour mettre le premier whisky ! Ceci est ma première bonne résolution de l’année. J’en profite pour vous souhaiter une très bonne année 2012, et une bonne santé, de la part de toute l’équipe chez Whisky & Rhum, le caviste spécialiste (oui je sais, il n’y a qu’Anna et moi-même, mais j’avais envie de le dire !).