Caroni 1997 14 ans 46% par A. Dewar Rattray

Cette semaine, nous dégusterons quelques rhums, histoire d’accompagner nos trois soirées dégustations de rhums en boutique. En guise de transition, nous dégusterons en premier le Caroni de la maison A. D. Rattray (dont nous avons dégusté plusieurs de leurs whiskies la semaine dernière).

Couleur : Ambré profond.

Nez : Le premier nez est épicé (cannelle, muscade) et boisé (bois noble, boisé légèrement fumé même). Des notes de fruits bien mûrs sont aussi présents (banane, date, figue) avec des notes intenses de cuir. Le sucre brun est chaud et caramélisé, et le réglisse est dense. Des parfums de café noir se développent à l’aération, ainsi que de noix et d’orange confite. Le tout est légèrement soufré. S’ouvre indéfiniment ! L’ajout d’un trait d’eau apport des notes plus fumées et boisées.

Bouche : Très épicé ! Les épices sont impressionnantes par leur richesse et leur… pétillant (gingembre, muscade et clou de girofle). Explosif. Le cuir est fumé. Le boisé est poli, vieux meuble, cirage. Les épices s’assagissent avec un trait d’eau et restent en arrière plan. Ceci permet au fruité de se développer (fruits confits et agrumes).

Finale : Bien épicé toujours et plutôt sec, sur le bâton de réglisse et l’anis.

Remarques : Caroni est une distillerie de Trinidad et Tobago qui a fermée en 2002. Cette sélection de la maison A. D. Rattray fait la part belle aux épices. C’est un rhum sec, robuste et plein de caractère. Mis en bouteille sans filtration ni coloration, comme leurs whiskies.

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Caroni 1997 14 ans

Caroni 1997 14 ans

Cask Islay Vatting No. 1 46% par A. Dewar Rattray

Ce soir, place à une de leur nouveauté : « Cask Islay » : un blended malt d’Islay, dont la base est sans aucun doute un whisky d’Islay de la côte sud commençant par la lettre L…

Couleur : Or pâle.

Nez : Le premier nez est d’amblé très tourbé et chaleureux sur le poivre noir. Le fumé se dégage de manière expressive, non sans de légères notes florales et herbacées (menthe). Le fruité, discret certes, se fait remarquer par ces notes de citron et de citron vert, apportant une pointe d’acidité rafraîchissante. L’ajout d’un trait d’eau renforce le fumé. L’aspect iodé prend toute son ampleur (algues, sel). Poivré, carné, cuir, réglisse.

Bouche : La bouche est d’abord douce et grasse jusqu’à ce que la tourbe et les épices explosent dans un registre très fumé. Le malt est torréfié et tourbé, le boisé est carbonisé et cendré, et les épices sont toujours chaleureuses (poivre, gingembre). Plus doux avec de l’eau, plus moelleux, les épices se sont assagies pour apporter plus d’amertume sur le cuir, le charbon de bois et l’écorce de citron.

Finale : Longue sur les notes tourbées, et le charbon de bois qui s’éteint petit à petit. De fines notes fruitées (ananas, pamplemousse, agrumes) se font finalement remarquer, le tout saupoudré de poivre blanc.

Remarques : Ce blended malt (ou pure malt) n’a rien à envier au statut de single malt. En effet, Cask Islay a la force de caractère, la richesse et la longueur en bouche d’un single malt d’Islay. Aussi, il n’est ni coloré, ni filtré à froid, comme la plupart des « single casks » single malts. Ce small batch (No. 1) est une sélection et une production de l’embouteilleur indépendant A. D. Rattray.

Cask Islay Vatting No. 1

Cask Islay Vatting No. 1

Cragganmore 1997 15 ans 46% par A. Dewar Rattray

Ce soir, nous découvrons une nouvelle gamme de la maison A. D. Rattray, qui met en bouteille des fûts uniques, sans filtration ni coloration toujours, mais réduit à 46% alc./vol. Parmi les deux whiskies que nous avons dans cette gamme (Glengoyne et Cragganmore), nous vous présentons le Cragganmore.

Couleur : Or.

Nez : Le premier nez est malté et fruité sur la pomme et la poire. Des notes de vieux bois et de vanille se développent sur un fond citronné (tarte au citron meringuée). De légères notes d’herbe fraîchement coupée se développent à l’aération, ainsi que de fines notes de poivre.

Bouche : Bien fruité sur les agrumes (citron en particulier, pamplemousse), la pomme et la poire. Les notes florales deviennent sucrées, « réglissées ». Des parfums de thé vert se développent également par la suite, avec un boisé légèrement toasté et un malt grillé avec une fine pointe fumée. L’ajout d’un trait d’eau apporte plus de gras au whisky et fait ressortir des notes plus poivrées.

Finale : douce sur le boisé (chêne), la noix et l’écorce de citron, sec.

Rares sont les embouteillages indépendants de la distillerie Cragganmore. Cette version sélectionnée par A.D. Rattray fait preuve de classicisme. Fruité et floral, sec et boisé, c’est sans aucun doute un whisky d’apéritif parfait.

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CRAGGANMORE 1997 15 ans

CRAGGANMORE 1997 15 ans

Mortlach 1995 17 ans 49,1% par A. Dewar Rattray

Poursuivons notre découverte de la gamme A.D. Rattray avec ce Mortlach single cask et brut de fût, âgé de 17 ans.

Couleur : Or.

Nez : Le premier nez est d’une texture crémeuse sur la vanille. Les fruits sont mûrs (banane) et secs (abricots), et les épices sont chaleureuses (muscade, cannelle, poivre). L’aération apporte en plus des notes de citron, de citron vert et de citronnelle sur un fond malté avec une pointe fumée. Sur le réglisse et le caramel pour la gourmandise. L’ajout d’un trait d’eau confirme le fumé.

Bouche : D’abord douce sur la vanille, crémeuse. Puis gagne en intensité sur le malt, les agrumes (citron en particulier) et les épices chaudes. Des fruits à coque se développent avec un boisé maîtrisé. L’ajout d’un trait d’eau apporte un peu plus d’amertume sur l’écorce de citron en particulier. Plus fumé et poivré.

Finale : Une pointe fumée clôture ce malt classique du Speyside, avec des notes de vieux bois et de noix, sec.

Remarques : Mortlach est une distillerie emblématique du Speyside puisqu’elle se trouve à Dufftown, capitale de cette région. Cette version, sélectionnée par la maison A.D. Rattray, se montre au naturel, sans l’influence des fûts de sherry chers à cette distillerie.

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MORTLACH 1995 A.D. Rattray

MORTLACH 1995 A.D. Rattray

Laphroaig 1998 13 ans 59% par A.Dewar Rattray

Après quelques semaines voire quelques mois d’absence (suite à des problèmes techniques… olfactifs…), nous profitons de nos nouvelles importations pour relancer le blog. C’est un Laphroaig sélectionné par la maison A.D. Rattray qui est à l’honneur ce soir. Une exclusivité disponible uniquement sur notre nouveau site internet www.whisky-rhum.com !

Couleur : Or.

Nez : Le premier nez est très tourbé, fumé, iodé et poivré. L’aspect carné est très présent avec ces notes de cuir, ce côté animal typique. Des notes d’herbes et de plantes se développent (algues, gentiane, bruyère). Des notes médicamenteuses (eucalyptus) typique du Laphroaig sont également présentes. Le nez évolue sur des notes de cendres chaudes, de charbon de bois, de barbecue, de poivre moulu. Franc ! L’ajout d’un trait d’eau renforce le fumé, le poivre, la suie, le charbon de bois, les herbes aromatiques.

Bouche : Il fallait s’y attendre : infiniment tourbé, fumé, iodé et poivré. En effet, on y retrouve les parfums du nez en bouche. Un Laphroaig sans demi-mesure, pour le plus grand plaisir des amateurs. La bouche est robuste, nette et précise. Le fruit y est exotique (ananas, litchi, agrumes). Les cendres sont chaleureuses, et le poivre l’est également. Plus sucré sur les fruits exotiques, même juteux, les agrumes, avec cette constante fumée de tourbe sous-jacente, avec un trait d’eau.

Finale : Très longue sur la fumée de tourbe, le poivre et les cendres.

Remarques : La distillerie Laphroaig produit un des single malts les plus tourbés de l’île d’Islay. Cette sélection de la maison A.D. Rattray, vieillie dans un seul fût de bourbon le démontre bien. Très tourbé et fumé, pour le plus grand plaisir des amateurs de sensations fortes.

Accès à la fiche article du Laphroaig. Nous vous rappelons que la livraison pour ce whisky vous est offerte en Colissimo (valable en France métropolitaine uniquement).

Laphroaig

LAPHROAIG 1998 A.D. Rattray

Balblair 38 ans 44%

Après un Speyside et un Islay, ce soir ça sera une dégustation d’un whisky des Highlands : Balblair. Et pas n’importe lequel puisque celui-ci est un 38 ans d’âge vieilli dans des fûts de sherry de second remplissage. Il a été distillé en 1966 et mis en bouteille en 2004. Ce whisky fut dégusté le 14 novembre 2005, en même temps que le Glenrothes 25 ans d’âge décrit ci-dessous. Un autre grand moment de dégustation ! Bouteille numéro 2827.

Couleur : ambré, orangé.

Nez : On respire l’air frais ! Les notes de sherry sont assez présentes. Se développent des notes fruitées (orange, raisins secs). Un aspect pâtissier prend place avec des notes de pâte d’amandes. Très riche et plaisant. L’ajout d’un trait d’eau apporte beaucoup de fraîcheur avec notamment des notes légèrement herbacées (bruyère, parfums de fleurs). Le miel se développe, ainsi que des notes plus boisées. Les agrumes, toujours (orange, écorce d’orange).

Bouche : En parlant de l’orange, la voila qui prend place en bouche de manière précise, avec les raisins secs et les notes des fûts de sherry. Des épices douces se développent, avec du miel qui apporte une grande douceur. Avec de l’eau, le whisky devient plus crémeux et le miel prend alors la première place.

Finale : Tout en douceur sur le miel et les épices douces, crémeux, et long en bouche.

Remarques : Un Balblair riche et d’une grande maturité. Bien différent des jeunes Balblairs iodés que l’on connait actuellement.

Laphroaig 16 ans 52,5% (Douglas Laing pour « The Whisky Shop »)

Avec un peu de retard (mais je pense que cela aura valu la peine d’attendre), voici un des grands moments de dégustations de l’année 2005, puisque nous retournons précisément au 31 juillet 2005 pour une dégustation d’un Laphroaig sélectionné par la maison où j’ai tout appris : The Whisky Shop (une boutique de whisky incontournable si jamais vous êtes en Ecosse). Ce whisky a été distillé en avril 1988 et mis en bouteille en novembre 2004, pour donner 614 bouteilles. C’est en quelque sorte la première fois que le mot « sélection » prenait tout son sens…

Couleur : Brillant, or profond.

Nez : Fumé, très fumé ! Boisé, notamment sur le pin, parquet ciré. Le côté marin se développe avec puissance, en particulier avec les algues et l’iode. Très intense. L’ajout d’un trait d’eau rend le fumé encore plus présent, avec des notes de charbon de bois et de suie.

Bouche : Deux extrêmes prennent place. D’un côté nous avons des épices douces / sucrées. De l’autre côté nous avons l’amertume du charbon de bois. Et chacun tente de dominer avec une puissance incontrôlable. L’attaque en bouche est un raz-de-marée. Le fruité est malgré tout présent avec en particulier des notes citronnées.

Finale : Très longue et puissante, sur l’iode, la tourbe et le fumée.

Remarques : Un des whiskies les plus puissants et impressionnants que j’ai goûté, en tout cas à cette époque. Et quand on est un débutant de 25 ans, cela marque ! « The Whisky Shop » avait également sélectionné un Laphroaig de 17 ans juste avant cet embouteillage, qui est encore plus exceptionnel. En quelques jours l’ensemble des bouteilles étaient vendues. Cela fait partie des embouteillages légendaires. Personne ne l’a goûté, ni même n’en a entendu parler. La dégustation de ce whisky sera pour plus tard…

Laphroaig 16 ans The Whisky Shop

Laphroaig 16 ans The Whisky Shop

Glenrothes 25 ans 51,9% (Old and Rare Platinum, Douglas Laing)

Puisque mon nez fait des siennes depuis quelques jours, pourquoi ne pas publier des notes de dégustations que j’ai prises il y a…. déjà plusieurs années ? Aujourd’hui, je vous propose de retourner au 14 novembre 2005 pour déguster un des plus grands (le plus grand, d’après mes scores personnels) Glenrothes. Ce « single sherry cask » a été distillé en 1979 et mis en bouteille en 2005, et n’a donné que 235 bouteilles.

Couleur : Rouge ambré, mahogany.

Nez : L’influence du fût de sherry est évidente, et apporte des notes intenses d’agrumes (orange juteuse en particulier, écorce d’orange, mais aussi pamplemousse rose). Exotique. Le boisé, aussi riche soit-il, fait preuve de maturité mais sans jamais prendre le dessus. Des notes de cuir se développent par la suite, ainsi que des parfums de café noir de type Moka associés au réglisse. Les notes de fruits secs sont entremêlées aux parfums de caramel brûlé.

Bouche : D’intenses notes de sherry se développent, le sherry oloroso précisément (riche et sec). Les fruits secs sont également présents avec des notes de raisins secs apportant une texture presque vineuse. La richesse des agrumes (juteux) apportent beaucoup de fraîcheur.

Finale : Très longue, la richesse du fruité se développe sur les épices (muscade, cannelle).

Remarques : Un très grand whisky d’une intensité aromatique hors normes et d’une harmonie parfaite pour un 25 ans d’âge. Ce que l’on appelle un « Sherry Monster » ! Et comme tout le monde (n’est-ce pas ?!!), j’ai collectionné quelques étiquettes (pas plus d’une dizaine…), dont celle-ci fait partie, fort heureusement !

Glenrothes 25 ans Platinum

Glenrothes 25 ans Platinum

Tobermory 10 ans 46,3%

Tobermory est le whisky non-tourbé de l’Ile de Mull, par opposition au plus connu Ledaig qui lui est tourbé. Les deux whiskies sont en effet produits au sein de la même distillerie. Tobermory a récemment attiré l’attention des amateurs sur le fait que ce whisky est désormais mis en bouteille à 46,3% sans filtration au lieu de 40%. Un pas longtemps attendu !

Couleur : Or.

Tobermory 10 ans

Tobermory 10 ans

Nez : Herbacé, un léger fruité sur les agrumes (citron en particulier, et écorce de citron), citronnelle, une pointe fumée au nez, voir cendrée (charbon de bois), et poivré. Beaucoup de fraîcheur au nez, sur l’herbe mouillée, avec un parfum irrésistiblement marin et côtier.

Bouche : Très douce, sur le citron toujours et son zeste, avec la douceur de la pâte d’amandes. Maltée.

Finale : Poivrée, sèche, avec une pointe fumée. Longue et épicée, sur le bois. Retour final sur l’herbe mouillée.

Remarques : Une bonne introduction aux whiskies des îles écossaises. Un whisky léger pour l’apéritif.

Ardbeg Alligator 51,2%

Alligator est le nom donné au niveau maximum de carbonisation intérieure des fûts de chêne (niveau 4 : « charred alligator ») qui prend l’apparence d’une peau d’alligator. Cet Ardbeg est donc vieilli dans des fûts de chêne américain neufs « charred alligator » et dans des fûts de bourbon.

Couleur : Or.

Nez : Tourbé de manière originale, ou plutôt de manière primaire dans le sens d’une

Ardbeg Alligator

Ardbeg Alligator

tourbe « enracinée ». Se développe sur un profil herbacé et médicinal (plantes médicinales, eucalyptus, réglisse). La tourbe ressemble de plus en plus à celle que l’on retrouve dans le profil de certains cigares. L’amertume du cacao et du café noir prend place.

L’ajout d’un trait d’eau apporte un aspect carné et fumé (bacon grillé) tout en restant d’une grande fraîcheur maritime.

Bouche : Douce (« tout est relatif »)… tourbée et fumée, sur le charbon de bois, la suie, puis devient plus sèche et épicée (poivre noir) avec ce style résineux typique d’Ardbeg.

Finale : Tourbée et cendrée et iodée et boisée…

Remarques : Une série très limitée à ne pas manquer si vous êtes un « Ardbeg fan ».